25/06/2007

la langue de Froissart

Froissart, que la plupart des manuels de littérature tendent à considérer comme l'un des écrivains les plus significatifs du XIVè siècle, est hennuyer. Littérateur complet, il écit des poésies lyriques, du roman en vers et de l'histoire en prose.Froissart écrit dans la langue qui précède immédiatement le moyen français; déjà le français n'est plus ce qu'il était à l'époque de la Chanson de Roland, il s'affranchit de certaines habitudes et de certaines règles; il tend à devenir ce qui sera la langue de Jean Lemaire de Belges, annonciatrice elle-même de celle de Ronsard. Or, en l'absence de toute centralisation politique qui puisse instaurer un contrôle du bon usage, cette langue est puissamment influencée par les traditions du pays natal.Le vieux français de Froissart sera donc riche "d'irrégularités wallonnes". Et l'on se prend à rêver que nos wallons du Borinage ou de l'Entre-Sambre-et-Meuse pourraient retrouver la source de leur patois tandis que les autres lecteurs y prendraient contact avec des mots disparus ou désuets qui conservent encore "la spontanéité de la jeunesse".Il n'est pas indifférent qu'au XIVè siècle, le beurre s'appelait "bure" et, inversément, la mûre, "meure".Rétrospectivement, nos patoisants auraient raison. Toujours, c'est "toudis"; retourner, "raler"; vite, "rade"... Quelqu'un qui tombe ? "Il chiet"... Ces exemples peuvent être multipliés.Jehan Froissart donne à nos Hennuyers la joie savoureuse de reconnaître dans une écriture glorieuse les brusqueries et les manies des gens du peuple.(d'après Pierre Bourgeois in "Froissart", extraits.Collection nouvelle des Classsiques, édit. Labor, Bruxelles)negotiations_froissart.FR 2646.fol.141

22:56 Écrit par dame amalthea dans Jehan Froissart | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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